Répandu dans la plupart des zones humides à travers le monde, le roseau (Phragmites Australis) constitue, depuis la préhistoire, une ressource précieuse pour l’homme, notamment en tant que matériau de construction (couverture des toitures, composition des murs, etc.) [1,2]. En France, la roselière représente une surface totale de 53855 hectares, soit 1722 sites de phragmitaies réparties sur le territoire. La Camargue constitue actuellement la principale région de récolte du roseau en France, avec près de 2000 hectares fauchés chaque année. D’autres régions telles que la Bretagne et la Normandie, contribuent également à la production nationale de roseau, bien que de manière plus marginale [2].
Les toitures en chaume présentent de nombreux avantages tels que leur caractère naturel et léger, leurs propriétés d’isolation thermique et phonique, et de déphasage thermique, etc. Cependant, elles présentent également certaines limitations, dont les principales sont leur coût plus élevé et la nécessité d’un entretien fréquent (au moins tous les cinq ans), souvent délicat. La durée de vie d’une toiture en chaume varie généralement entre 30 et 50 ans, mais cela dépend de nombreux facteurs, comme la configuration du toit (orientation, pente, complexité de la toiture, etc.), la qualité du roseau (hauteur de coupe, diamètre, salinité, épaisseur de la paroi du roseau, composition chimique, etc.), la mise en oeuvre, la surveillance et l’entretien (champignons, végétaux, animaux, traitements, micro-organismes), ainsi que la pollution (azote) et le changement climatique (hivers doux) [3].
Dans le but de mieux comprendre et d’améliorer la durabilité des toitures en chaume, ce stage de Master 1 (M1), proposé dans le cadre du projet national BATIROSEAU subventionné par l’ADEME, a pour objectif d’étudier l’impact de la salinité intrinsèque du roseau sur sa durabilité et l’influence du lavage du roseau sur ses propriétés physico-chimiques et hygrothermiques. Au cours de ce stage, la performance des différents lavages du roseau sera évaluée à l’aide de mesures conductivité ionique, de pH et de spectrophotométrie d’émission de flamme. Le sodium (Na) contenu dans le roseau sera également quantifié par spectrophotométrie d’émission de flamme, après une étape de minéralisation. Enfin, le comportement du roseau vis-à-vis de l’eau, sous forme liquide et vapeur, sera étudié à l’aide de techniques telles que la DVS (Dynamic Vapor Sorption) et les tests d’absorption en eau liquide.
Références
[1] J.F. Köbbing, N. Thevs, S. Zerbe, The utilisation of reed (Phragmites australis): a review, (2013).
[2] Parc naturels régionaux de France, Symbiose entre nature et habitat. Vers une filiere roseau pour construire-demain, (2021). https://www.parc-vosges-nord.fr/wp-content/uploads/2021/06/brochure-roseau-pnrvn-pnrb.pdf.
[3] Parc naturel régional de Brière, Surveiller sa couverture en chaume. à Destination des habitants des chaumières, (2022). https://www.parc-naturel-briere.com/wp-content/uploads/2022/07/Guide-Surveiller-sa-couverture.pdf.