Sujet De Thèse
Un descriptif complet de la thèse est disponible sur le site de l’école doctorale EDISCE de l’UGA (page offre de thèse ).
L'accident vasculaire cérébral (AVC) est la principale cause de handicap chez l'adulte[1]. La majorité des survivants à un AVC souffre de déficit moteur et présente des déficits cognitifs persistants[2]. Une meilleure compréhension des mécanismes neurophysiologiques associés est cruciale pour développer de nouvelles thérapies. Il a été montré que les dynamiques cérébrales du cortex moteur ipsilésionnel étaient sévèrement perturbées chez les patients AVC en phase aiguë[3], [4]. Le ralentissement et la simplification de l'activité cérébrale observés sont semblables aux dynamiques corticales de type sommeil (SLCD pour Sleep-Like Cortical Dynamics) se produisant lors du sommeil profond[5]. De plus, la réduction des SLCD est bénéfique pour la récupération motrice au stade subaigu[4], [6], [7]. Bien qu’un phénomène de propagation soit attendu, l'étendue spatiale et la topographie des SLCD, et leur relation avec les déficits, n'ont jamais été étudiées. Une stratégie prometteuse pour promouvoir la récupération post-AVC consisterait en l'atténuation des SLCD à l'aide de techniques de neuromodulation comme la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS). L’effet des interventions actuelles est cependant limité par l’utilisation de faibles doses et d’approches non personnalisées[8].
Cette thèse s’inscrit dans le cadre du projet SLEEPY-STROKE, qui a un double objectif : mieux caractériser les SLCDs et les atténuer par une stimulation cérébrale non invasive optimisée afin de favoriser la récupération post-AVC. Pour cela, le projet s’appuiera sur des approches multimodales en neuroimagerie et en stimulation cérébrale non invasive au sein de trois Work Packages (WP) complémentaires. Le WP1 vise à mieux caractériser les SLCDs en explorant leur propagation spatiale intra-individuelle à travers le cortex dans les régions non motrices au cours du temps, en utilisant la Stimulation Magnétique Transcrânienne robotisée couplée à l’électroencéphalographie (TMS-EEG)[9], [10]. Nous émettons l’hypothèse que la propagation des SLCDs dans des hubs corticaux clés associés aux fonctions cognitives est corrélée à des déficits spécifiques dans ces domaines, avec une réduction progressive durant la récupération. Le WP2 se concentre sur le domaine moteur et comprend une cartographie spatiale fine de la présence des SLCDs sur le réseau moteur ainsi que le développement d’un traitement innovant. Nous supposons que l’étendue spatiale des SLCDs dans le réseau moteur constitue un marqueur des déficits moteurs, en particulier des troubles de la motricité fine (WP2.1), et que leur atténuation grâce à un protocole de neuromodulation accéléré et personnalisé, ciblant l’aire la plus impactée, est une approche prometteuse pour améliorer la récupération motrice en phase subaiguë précoce (WP2.2). Le WP3 explore enfin les origines neurochimiques et structurales des SLCDs motrices, à l’aide de la spectroscopie par résonance magnétique et de l’imagerie par résonance magnétique de diffusion réalisées dans les WPs 1 et 2. Nous faisons l’hypothèse que la présence et l’atténuation progressive des SLCDs soient soutenues par des modifications de la balance excitation / inhibition et de la connectomique spécifique à chaque patient.
La thèse portera sur les WP1&2 concernant la topographie des SLCDs par TMS-EEG et leur atténuation par neuromodulation. L’étudiant (H/F) sera formé à toutes les étapes propres à ce type de recherche en neurosciences cliniques, de la mise en place des protocoles jusqu’à la valorisation des données. Ainsi, il ou elle aura pour mission la supervision de ces 2 WPs, sous l’accompagnement de l’investigateur principal et des médecins du service de l’unité neurovasculaire du CHUGA. Selon l’avancée du projet et la capacité de travail de l’étudiant, une participation au WP3 est également envisagée.
[1] V. L. Feigin et al., Global, regional, and national burden of neurological disorders, 1990–2016: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2016 , Lancet Neurol., vol. 18, no 5, p. 459‑480, mai 2019, doi: 10.1016/S1474-4422(18)30499-X.
[2] S. Barker-Collo, V. L. Feigin, V. Parag, C. M. M. Lawes, et H. Senior, Auckland Stroke Outcomes Study , Neurology, vol. 75, no 18, p. 1608‑1616, nov. 2010, doi: 10.1212/WNL.0b013e3181fb44c8.
[3] C. Tscherpel, S. Dern, L. Hensel, U. Ziemann, G. R. Fink, et C. Grefkes, Brain responsivity provides an individual readout for motor recovery after stroke , Brain J. Neurol., vol. 143, no 6, p. 1873‑1888, juin 2020, doi: 10.1093/brain/awaa127.
[4] S. Harquel et al., Stroke Recovery-Related Changes in Cortical Reactivity Based on Modulation of Intracortical Inhibition , Stroke, vol. 55, no 6, p. 1629‑1640, juin 2024, doi: 10.1161/STROKEAHA.123.045174.
[5] M. Massimini et al., Sleep-like cortical dynamics during wakefulness and their network effects following brain injury , Nat. Commun., vol. 15, no 1, p. 7207, août 2024, doi: 10.1038/s41467-024-51586-1.
[6] S. Harquel et al., Brain Oscillatory Modes as a Proxy of Stroke Recovery , Neurorehabil. Neural Repair, p. 15459683251363241, août 2025, doi: 10.1177/15459683251363241.
[7] S. Sarasso et al., The reduction of sleep-like perilesional cortical dynamics underlies clinical recovery in stroke , 16 mars 2024, medRxiv. doi: 10.1101/2024.03.16.24304272.
[8] E. J. Cole et al., Stanford Neuromodulation Therapy (SNT): A Double-Blind Randomized Controlled Trial , Am. J. Psychiatry, vol. 179, no 2, p. 132‑141, févr. 2022, doi: 10.1176/appi.ajp.2021.20101429.
[9] U. Ziemann et al., Clinical utility and prospective of TMS–EEG: Updated review from an international expert group , Clin. Neurophysiol., p. 2111487, janv. 2026, doi: 10.1016/j.clinph.2025.2111487.
[10] B. Passera, A. Chauvin, E. Raffin, T. Bougerol, O. David, et S. Harquel, Exploring the spatial resolution of TMS-EEG coupling on the sensorimotor region , NeuroImage, vol. 259, p. 119419, oct. 2022, doi: 10.1016/j.neuroimage.2022.119419.
L'étudiant.e sera encadré.e par S. Harquel, avec un accompagnement régulier du travail à différents niveaux. Une réunion de suivi sera planifiée de façon hebdomadaire, et une réunion de travail comprenant l'ensemble des personnes impliquées dans le projet SLEEPY-STROKE sera prévue de façon mensuelle. Enfin, et selon la procédure établie par l'ED ISCE, un comité de suivi individuel (CSI) comprenant des personnes extérieures au projet veillera au bon déroulement de la thèse.
L'étudiant (H/F) sera rattaché principalement au LPNC où il / elle disposera d'un bureau permanent et de l'équipement informatique nécessaire pour ses travaux. Pour le recrutement des patients et l'acquisition des données de neuroimagerie et neurophysiologie, des déplacements très fréquents sur les plateaux EEG et NeuroStim de l'UAR IRMaGe (pavillon Dominique Villars, site CHUGA Nord), ainsi qu'à l'UNV du CHUGA (Pavillon neurologie) sont à prévoir. L'étudiant bénéficiera d'un contexte financier rassurant, l'ensemble des frais du projet étant couverts par l'ANR. La demande éthique est en cours de finalisation et sera soumis au CPP durant l'été 2026. Un CPP méthodologique tiers déjà en cours permettra de couvrir les premiers pilotes dès l'arrivée de l'étudiant dans l'équipe.
Profil et compétences recherchées
Le ou la candidate devra être titulaire d’un master en psychologie, neurosciences, sciences cognitives ou dans un domaine connexe, ou être titulaire d’un diplôme d’ingénieur en ingénierie biomédicale, traitement du signal ou dans un domaine connexe. Il ou elle devra présenter un fort intérêt pour le projet, pour la récupération post-AVC, et plus globalement pour le développement des neurotechnologies pour la meilleure compréhension et le meilleur traitement des pathologies neurologiques et psychiatriques.
Des compétences en neuroimagerie (EEG, IRMf) et en neurostimulation non-invasive (TMS, tDCS) seront fortement appréciés, tant au niveau de l’acquisition, de l’analyse et / ou de l’interprétation de ces données. Des connaissances préalables relative au couplage TMS-EEG seront un vrais plus.
Le ou la candidate devra présenter une expérience préalable auprès de patients AVC (ou de patients admis en neurologie ou psychiatrie), acquise dans un contexte clinique ou de recherche.
Le ou la candidate devra faire preuve de rigueur scientifique et d’un esprit critique. Le projet se partagera entre travail de groupe, où de bonnes compétences de savoir-être sont attendues, et travail indépendant, où une bonne autonomie sera requise. Une bonne connaissance des principes éthiques encadrant la recherche impliquant des participants humains (recherche encadrée par un CPP), ainsi que des règles d’intégrité scientifique, sera également requise.
La rémunération est d'un minimum de 2300,00 € mensuel
44 jours
Pratique et indemnisation du TT
Prise en charge à 75% du coût et forfait mobilité durable jusqu’à 300€
Référence de l’offre
UMR5105-SYLHAR-002
Section(s) CN / Domaine de recherche
Cerveau, cognition, comportement
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