L'Université Clermont Auvergne (UCA) se distingue par sa communauté dynamique de plus de 36 000 étudiants, 2 000 enseignants et chercheurs, ainsi que 1 500 personnels techniques et administratifs. L'UCA est une université territoriale qui jouit d'une réputation tant nationale qu'internationale entretenant de forts liens avec son environnement socio-économique et culturel, sa gamme étendue de disciplines de recherche et d'enseignement. En 2022, l'UCA a intégré le « top 17 » des universités françaises titulaires d’un label d’excellence, avec pour thème identitaire fédérateur : concevoir des modèles de vie et de production durables.
La ZATU est un dispositif scientifique labellisé par le CNRS depuis 2015. Ce réseau fédère 80 chercheurs pluridisciplinaires (écologues, chimistes, radiochimistes, physiciens, historiens, sociologues, artistes, etc.) autour d’un objectif commun : identifier, évaluer et comprendre les effets à court et long terme de la radioactivité naturelle ou renforcée par les activités humaines sur la biodiversité, les services écosystémiques et l’homme. Par des recherches fondamentales mais aussi des expériences de transdisciplinarité (recherche-création et recherche-action), la ZATU cherche à répondre à des problèmes réels pour les acteurs territoriaux, par exemple : comment contribuer à une vision holistique de la santé (One Health) ? Comment s’inscrire dans les transitions vers un monde plus durable ? Et plus généralement pour la société. Différents socio-écosystèmes sont plus particulièrement étudiés en Auvergne : le site-atelier de Rophin, ancienne mine d’uranium (63), les eaux minérales naturellement radioactives et les eaux thermales. Plus particulièrement les effets des eaux thermales sur la santé restent aujourd’hui insuffisamment appréhendés de manière intégrative, en raison d’un manque de connaissances reliant les caractéristiques de ces eaux (notamment radiologiques et microbiologiques), leurs indications thérapeutiques, les bénéfices perçus et leur environnement. C’est pourquoi la ZATU participe au projet THERMUSS.
S’inscrivant dans une approche systémique de type « One Health », le projet THERMUSS cherche à comprendre et promouvoir la contribution des stations thermales du Massif central aux enjeux de santé globale et de durabilité. Le programme fait ainsi l’hypothèse que la ressource en eau thermale est un déterminant de la santé humaine indissociable de la santé des écosystèmes, la qualité des milieux conditionnant l’efficacité des soins prodigués. Il s’intéresse en particulier aux mécanismes d’action des eaux thermales (radiologiques et physico-chimiques), en les mettant en regard des savoirs anciens sur ces eaux, des bénéfices perçus par les usagers, des politiques locales et des caractéristiques des écosystèmes. Trois sites sont particulièrement visés : Cransac-Les-Thermes, Vals-les-Bains et Châtel-Guyon. Thermuss comporte différents sous-objectifs entre lesquels le premier s’intéresse aux savoirs qui ont permis de caractériser les eaux.
Dans ce cadre-là, la personne recrutée devra répondre aux diverses questions suivantes:
1- Comment les indications thérapeutiques des stations thermales étudiées ont-elles été socialement construites et ont évolué dans le temps long? Autrement dit à partir de quelles connaissances et par quels processus sociaux et politiques les eaux thermales des sites étudiés sont-elles devenues une ressource médicale et économique reconnue ? Avec quelles dynamiques d’acteurs ? Quelle contraintes et limites ?
2- Comment les risques liés à ces eaux notamment du fait de leur radioactivité ont-ils été qualifiés et gérés dans le temps?
3- Comment les stations étudiées se positionnent-elles sur les enjeux de durabilité environnementale, de santé globale et notamment de vulnérabilité aux changements globaux ?
L’objectif de l’étude sera donc d’identifier les éléments passés (archives) ayant conduit à la reconnaissance et au développement de ces stations thermales du Massif Central et les facteurs plus récents (littérature grise, entretiens) permettant de comprendre leur inscription dans une logique de durabilité et de santé globale. Différentes variables seront explorées : la place donnée aux différents savoirs scientifiques, cliniques et empiriques pour valoriser les eaux et définir les liens entre eaux-santé-risques ; les rapports de force pour la construction de l’établissement thermal ; la manière dont est caractérisée et gérée la radioactivité des sites depuis le XXème siècle ; mais aussi le rôle d’autres enjeux -notamment environnementaux- ou ressources territoriales dans la trajectoire du thermalisme local.
Les sites d’étude :
- Le travail de recherche a commencé sur le site de Châtel Guyon (Ref. Patrick Fournier, UCA). Le/la personne recruté.e à GEODE, en coordination avec l’équipe de l’UCA, mettra en place une approche comparée des deux autres cas d’étude : Cransac les thermes et Vals Les Bain (Ardèche).
- Le premier cas situé dans l’Aveyron, Cransac (1 482 hab. en 2023), est une station indiquée pour les rhumatismes, un site connu depuis l’époque romaine. Sa particularité est que son sous-sol y est exploité depuis déjà plusieurs siècles : d’abord de manière artisanale pour les vertus digestives de ses eaux dans ce qui était à l’époque un bourg rural alors appelé Cransac-Les-Eaux (XVIIème et XVIIIème) ; puis de manière industrielle avec l’avènement des mines de charbon à la fin du XIXème siècle, activités qui ont transformé le paysage, l’économie et la démographie locales. La ville change en effet de nom à cette époque: Cransac-les-Mines. Enfin, après la fermeture des dernières exploitations dans les années 1960, la ville, renommée Cransac-Les-Thermes, se tourne vers le tourisme ; elle mise alors en particulier sur le thermalisme (eaux et gaz thermaux) tout en s’appuyant sur la culture minière passée. La commune est aujourd’hui identifiée comme étant à risque élevé pour le radon ce qui nécessite des mesures de protection pour éviter des impacts sur la santé publique (gaz qui peut favoriser l'apparition du cancer du poumon). Cependant la radioactivité des eaux y est peu documentée.
- Le site de Vals-Les-Bains (3 474 hab. en 2023) quant à lui situé en Ardèche, fait partie du parc naturel régional des Monts d'Ardèche. Un grand nombre de sources et de forages y exploitent les eaux minérales pour la boisson (embouteillage) ainsi que pour l’alimentation des thermes. La ville ne compte en effet pas moins de 145 sources minérales. A l’inverse de Cransac, une activité thermale renommée s’y est développée dès la seconde moitié du XIXème siècle appuyé par des publications de scientifiques donnant une assise médicale aux cures. Si au début les eaux y sont reconnues pour leurs bienfaits digestifs et sur les rhumatismes qu’elles soulagent mais aussi guérissent, la station se spécialise au milieu du XXème dans le traitement du diabète et des maladies de la nutrition. Les caractéristiques physico-chimiques des différentes émergences sont très diverses. On peut souligner qu’en plus du bicarbonate de soude, élément signifiant, on trouve aussi du fer, de l’arsenic ainsi que de la radioactivité dans certaines sources (commune classé 3 pour le risque radon). Les cures y conjuguent généralement la boisson et des pratiques thermales externes (douches, bains cataplasmes, etc). La station de Vals-Les-Bains est associée à la "route des villes d'eau du massif central" et affiliée à la Fédération thermale Rhône-Alpes, institutions qui participent à promouvoir l'activité thermale.
ACTIVITES ESSENTIELLES :
Recherche documentaire dans les archives;
Assurer des enquêtes exploratoires de terrain ;
Analyser des données par station ;
Assurer des analyses comparées ;
Participer aux réunions de projet Thermuss ;
Participer à des conférences selon opportunités ;
Assurer la rédaction d’un article de résultats.
COMPETENCES REQUISES :
Connaissances :
Compétences opérationnelles :
Compétences comportementales :
autonomie
esprit d’équipe
capacité à publier
appétence pour le travail interdisciplinaire avec les sciences de la vie et de la terre (chimistes, physiciens, écologues, etc.).
PREREQUIS / FORMATION souhaitée :
SPÉCIFICITÉS / CONTRAINTES PARTICULIÈRES :
Rémunération : entre 2215€ brut et 2633€ brut selon profil et expérience
Contrat de travail : 37h30 hebdomadaire
Congés : 49 jours annuels (base 37h30)
Participation aux frais de transports en commun
Forfait mobilité durable pour l'utilisation d'un cycle sur les trajets domicile-travail
Protection sociale complémentaire : En application du décret 2022-633 du 22 avril 2022 modifié, les personnels du Ministère de l’Éducation Nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche sont tenus d'adhérer au contrat collectif de protection sociale complémentaire « santé » souscrit par leur employeur. Vous devrez vous affilier dès votre date d'arrivée à l'UCA. Toutefois, dans certains cas, vous aurez la possibilité de demander une dispense.
Offres loisirs, sport et culture pour tous les agents : https://class.uca.fr/
Accès à un plan de formation des personnels
Pour l'UCA, l'inclusion et la diversité sont des valeurs importantes. C'est pourquoi nous sommes
notamment handi-accueillants
INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES :
Catégorie A
Affectation : LMGE, Clermont-Ferrand
Localisation du poste: Clermont-Ferrand (LMGE) et Toulouse (UMR 5602 GEODE, Toulouse par convention d’accueil UCA-GEODE).
Durée du contrat : 12 mois (possibilité de renouvellement jusqu'à 18 mois)