CDD 1 an
Démarrage à compter du 01/10/2026
Catégorie : A Corps : Chercheur.se contractuel.le
Quotité : 20% jusqu'au 31/12/2026, puis 90%
Emploi ouvert aux agents contractuels uniquement
Rémunération selon grille de la Fonction Publique
Discipline de recherche : Santé-environnement
La santé environnementale devient un enjeu majeur de société à bien des égards. À l'heure actuelle, de nombreux défis sanitaires sont directement liés à des facteurs environnementaux, tels que la pollution de l'air, le changement climatique, les comportements alimentaires, la sédentarité ou encore l'exposition aux substances chimiques toxiques. En particulier, les conditions nutritionnelles et environnementales durant la grossesse et les premières années de vie influencent durablement la santé physique et mentale des individus. Ainsi, l’exposition précoce à ces facteurs environnementaux augmente le risque d’obésité, de diabète, de cancers ou de maladies cardio-vasculaires via des mécanismes épigénétiques. Ce concept, connu sous le nom d'Origine Précoce de la Santé (DOHaD, Developmental Origins of Health and Disease), souligne l'importance d'une approche préventive dès le début de la vie.
Par ailleurs, la société prend conscience de l’importance du concept One Health qui repose sur le constat que la santé humaine est inextricablement liée à la santé animale et à la santé des écosystèmes. Dans un monde globalisé où les zoonoses sont de plus en plus fréquentes et où la contamination par des composés chimiques toxiques est ubiquitaire, une approche intégrée est indispensable pour élaborer des stratégies efficaces de prévention et de contrôle des maladies, ainsi que pour promouvoir une santé durable et globale. De plus la santé environnementale demande des adaptations particulières en termes de formation académique et de méthodes d’analyse et de recherche face au développement de notions telles que l’exposome (le cumul des expositions à des facteurs environnementaux que subit un organisme de sa conception à la fin de sa vie), les effets cocktails ou encore les effets transgénérationnels causés par les contaminants environnementaux.
Alors que l’Union Européenne a mis en place de nombreuses régulations et initiatives pour améliorer la qualité de l'air, de l'eau, et pour réduire l'exposition aux substances nocives, il existe une disparité significative entre les pays membres en termes de mise en œuvre et de respect de ces régulations. L’ambitieux projet Green Deal de la Commission Européenne nécessite d’être encore renforcé dans ce domaine.
Dans ce contexte, la chaire Santé et environnement se caractérise par le fait (i) qu’elle se focalise sur les effets des perturbateurs endocriniens pendant les premières phases de vie des individus, (ii) qu’elle doit être portée par une personne expérimentée ayant une excellente connaissance des réseaux académiques européens et (iii) qu’elle sera rattachée à un Institut de santé publique One health. Ce institut sera créé en 2026 par l’Université de Strasbourg et porté par la Faculté de Médecine, maïeutique et sciences de la santé, en collaboration avec les deux autres facultés de santé, autour d’un consortium de 4 partenaires en plus de l’université : Hôpitaux universitaires de Strasbourg (co-chef de file), Agence régionale de santé (ARS), Assurance maladie et Eurométropole de Strasbourg (EMS). Il a vocation à offrir à la population, aux décideurs et aux chercheurs un outil de promotion de la santé dans une démarche d’innovation sociétale et frugale. Le fait que l’Unistra aient une forte expérience de co-construction de projets scientifiques interdisciplinaires avec des acteurs socio-économiques (industriels, pouvoirs publics, associations, grand public, etc.), selon une démarche transdisciplinaire, constitue un atout de poids.
Dans le domaine Santé et Environnement, la mission de la titulaire de la chaire est triple :
- créer et animer des programmes de recherche inter- (voire trans-) disciplinaire ;
- former une nouvelle génération de professionnels compétents ;
- co-construire des projets d’innovation avec les acteurs socio-économiques.
Cette mission explorera essentiellement l’origine précoce de la santé, les effets des perturbateurs endocriniens, les effets transgénérationnels des contaminants environnementaux et l’impact des perturbateurs endocriniens sur le développement cérébral.
En termes de formation :
- favoriser le déploiement de formations de haut niveau en santé environnementale destinées aux étudiants (en santé, en écologie, en géographie, etc.) et professionnels (de santé, des collectivités territoriales, etc.) ;
- établir des programmes de formation continue sur les risques de la perturbation endocrinienne, pour les agences de régulation, les professionnels/administrateurs de la santé, de l’industrie et de tout autre type d’acteur intéressé (collaboration avec le service de formation continue de l’Unistra).
En termes de recherche :
- développer des programmes de recherche sur les risques environnementaux dès les premières phases de la vie, notamment des programmes de recherche interdisciplinaires entre chercheurs en santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes, dans une approche One Health ;
- mener des travaux sur les risques environnementaux dès les premières phases de la vie, en particulier sur la production de connaissances sur les mécanismes précoces menant à l’obésité et au syndrome métabolique et identification de marqueurs précoces applicables en soins de santé ou en épidémiologie, la modélisation préclinique des effets de facteurs environnementaux affectant le développement normal de la puberté et la santé reproductive féminine, la production de connaissances sur l’impact et les mécanismes des polluants sur le développement cérébral et les capacités cognitives, l’amélioration de la compréhension et de la modélisation des effets de mélanges de polluants environnementaux et des combinaisons des agressions environnementales ;
- participer à la création de bio-banques et d’études épidémiologiques pour identifier des biomarqueurs précoces de l’exposition aux perturbateurs et de risques futurs pour la santé (intégration aux projets européens existants et en construction) ;
- participer à des études sur les effets du changement climatique sur le bien-être humain ainsi que sur les liens entre santé humaine et santé des écosystèmes.
En termes de responsabilités institutionnelles (au sein de l’Institut de santé publique, de l’UMR, de la composante de rattachement) :
- favoriser une recherche de haut niveau en santé environnementale ainsi que sa diffusion, notamment en organisant les appels à projets de l’Institut de santé publique ;
- participer à la labellisation par l’Institut de santé publique de projets et de formations en santé et environnement ;
- participer à la gouvernance de l’Institut ;
- participer à la mesure de l’impact environnemental des projets portés par l’Institut de santé publique, notamment par l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre.
En termes de responsabilité sociétale :
- contribuer à développer l’approche One Health aux échelles régionale, nationale, européenne et internationale ;
- permettre l’expression des besoins de terrain en termes de santé et environnement et co-construire avec les acteurs socio-économique des solutions innovantes et frugales ;
- développer des programmes pédagogiques sur les risques environnementaux dès les premières phases de la vie ;
- développer et planifier des actions de prévention précoce de l’obésité et d’information des populations en collaboration ;
- développer et planifier des actions de prévention sur la protection de la santé reproductive féminine ;
- participer à la réflexion sur le développement d’une chimie durable et la transformation socio-écologique ;
- participer au développement de programmes de réduction de l’exposition aux perturbateurs endocriniens ;
- dans le cadre du Green Deal européen, contribuer à harmoniser les connaissances et les pratiques au sein de l’Union Européenne et encourager le partage des meilleures pratiques et des innovations entre les institutions européennes.
Connaissances
- Politique de recherche et d’innovation
- Domaine disciplinaire ou interdisciplinaire
- Cadre légal et déontologique
- Langue anglaise
- Méthode d’investigation de la recherche
- Organisation de l’enseignement supérieur
Compétences opérationnelles
- Déterminer les méthodes adaptées
- Piloter un projet de recherche
- Pratiquer les techniques d’investigation scientifique et les techniques documentaires
- Transmettre des connaissances
- Travailler en équipe
- S’exprimer en public
- Communiquer pour expliquer le sens de l’action
- Assurer la validation des résultats
Compétences comportementales
- Autonomie / Confiance en soi
- Sens de l’organisation
- Créativité / Sens de l’innovation
- Rigueur / Fiabilité
- Capacité de conceptualisation
- Sens critique
Le titulaire de la chaire sera rattaché en termes de formation/recherche à la Faculté de Médecine, maïeutique et sciences de la santé de l’Université de Strasbourg et le Laboratoire des Sciences de l’ingénieur, de l’informatique et de l’imagerie (ICube), UMR 7357 Université de Strasbourg, CNRS, École Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg (ENGEES), Institut National des Sciences Appliquées de Strasbourg (INSA). Il pourra s’inscrire dans un Institut thématique interdisciplinaire (ITI) de l’université, au choix entre l’ITI Making European Society (MAKErS), l’ITI Sustainability of Water and Cities (SWITCH) ou l’ITI Institut Interdisciplinaire de Recherche et de Formation en Neurosciences (NeuroStra).
Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS), à travers le pôle de pédiatrie, et le service d’endocrinologie, entre autres services, permettront de soutenir fortement le développement et le rayonnement de la chaire en s’appuyant sur des cohortes de patients et l’expertise d’équipes de soins et de recherche déjà formées et labellisées comme centres de compétences multidisciplinaires, tout particulièrement autour des anomalies du développement du nouveau-né à l’adolescent(e). Les structures de recherche clinique pédiatrique des HUS (le Centre d’Investigation Clinique pédiatrique et l’Unité d’Investigation Clinique Pédiatrique du pôle de pédiatrie) sont d’ores et déjà opérationnelles pour conduire ou soutenir les projets de recherche clinique impliquant des enfants de tout âge, avec toutes les exigences règlementaires et éthiques nécessaires.
La chaire bénéficiera aussi de l’accès aux plateformes précliniques de l’Université, selon des modalités à définir.
Pour postuler, veuillez adresser votre CV, lettre de motivation et références éventuelles au plus tard le 18/09/2026 à l'attention de Madame Anne-Catherine LANGOUREAU, Responsable du Service des Ressources Humaines, à l'adresse mail suivante : [email protected]
Contact(s) pour renseignements sur le poste :
Prof. Erik-A. SAULEAU, co-porteur du projet d’Institut de santé publique One health, 03.88.11.62.10, [email protected]